Centre de recherche interuniversitaire sur la formation et la profession enseignante (CRIFPE)

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Colloque en éducation

7e Conférence de l’Association Internationale de recherche en didactique de l’histoire et des sciences sociales (AIRDHSS)

Description

L’enseignement et l’apprentissage de l’histoire et des sciences sociales face aux phénomènes de minorités-majorités en contexte national

 

            Comment l’enseignement des sciences humaines et sociales se concilie-t-il avec des contextes nationaux contrastés, dans les situations de grande diversité culturelle marquées par la présence de minorités ? Quel est l’apport des sciences historiques et des sciences sociales à cette question ? Quelles didactiques se mettent en place pour l’application des programmes scolaires et comment font-elles avancer l’enseignement autour d’une telle question vive ?

 

La coexistence des minorités et des majorités au sein de différents contextes nationaux n’est pas nouvelle. Comme l’affirme l’historien de la nation Benedict Anderson (1991), chaque fois que les frontières étatiques ne coïncident pas avec les frontières culturelles, des mouvements nationalistes à forte revendication politique peuvent surgir. Parfois, ces tensions latentes entre pouvoir étatique et divers groupes minoritaires peuvent se transformer en « conflits gelés », comme c’est le cas des conflits nés sur le territoire de l’ex-URSS (Jolicoeur et Campana, 2009). Dans un tel contexte, aucun État, aucune région ne paraissent homogènes, vus sous l’angle de la diversité culturelle.

 

            Dans le monde, et c’est d’abord là ce que nous souhaitons exploiter sous de multiples volets, ces situations sont innombrables et constituent très souvent un matériau géographique, historique, culturel, politique… d’une grande richesse pour l’enseignement des sciences humaines et sociales. On peut penser à la Catalogne et aux Basques en Espagne et en France, à l’Écosse et au pays de Galles en Grande-Bretagne, à la Belgique flamande et wallonne, à la Chine et à Taiwan, à la France et à d’autres pays en Europe occidentale avec de grandes communautés postcoloniales (après la vague de décolonisation des années 1950-1970) ou aux populations autochtones minorisées dans de nombreux pays des Amériques, d’Asie, d’Afrique et d’Océanie, notamment. 

 

            Avec une histoire qui a fait de lui une minorité fort importante au sein du Canada, et pour de nombreuses questions relatives aux sciences sociales, le Québec peut servir d’exemple de terrain d’étude d’un tel thème. Qui plus est, le Canada et le Québec comptent eux-mêmes de nombreuses minorités, que l’on pense par exemple aux Canadiens français hors Québec ou aux Anglo-québécois, ou encore aux onze nations autochtones du Québec, avec chacune des contingences historiques ou sociales propres (Delâge, 1991 ; Bouvier et al., 2012).

 

Ce colloque international qui aura lieu à Trois-Rivières (au Québec) cherchera à mettre en lumière les manières dont l’histoire et les sciences sociales enseignées prennent en compte les logiques géohistoriques, politiques, culturelles, sociales, identitaires… qui contribuent à l’émergence du fait minoritaire dans le monde et au façonnement des interactions et des liens entre groupes sociaux. L’idée est de conduire une réflexion sur les rapports entre nationalisme, citoyenneté, cadre politique et diversité culturelle.

 

Ce colloque comportera un axe sur les défis émergents accompagnant ce qui précède, un deuxième sur les visées, les curriculums, les pratiques d’enseignement et les dispositifs, puis un troisième sur les acteurs impliqués dans ces différents contextes nationaux, en relation avec les dispositifs didactiques, notamment numériques, faisant écho à ces questions dans l’enseignement-apprentissage.

 

 

Axe 1 : Défis émergents

 

Cet axe permet d’ouvrir puis de poursuivre éventuellement une discussion épistémologique et critique sur les contextes nationaux de l’enseignement de l’histoire, de la géographie et des sciences sociales, en lien avec les rapports entre minorités et majorités nationales. Il est donc question de mieux comprendre les dynamiques à l’intérieur desquelles ces entités évoluent, tout comme les processus qui ont mené à la configuration de ces dynamiques, et ce, toujours dans l’optique de mieux saisir leur effet sur l’enseignement et l’apprentissage de ces disciplines à l’école, ainsi que leur potentiel.

 

Axe 2 : Visées, curriculum, pratiques d’enseignement et dispositifs

 

En enseignement de l’histoire et des sciences sociales, la difficulté de définir, favoriser et apprécier le développement et la construction des instruments et opérations de pensée (comme les connaissances déclaratives ou les euristiques) constitue l’un des défis les plus importants et épineux qui se posent, en raison notamment du sens politique ou de la valeur scientifique de ces savoirs. Ces défis soulèvent des questions sur l’enseignement-apprentissage-évaluation, particulièrement importantes en ce qui concerne la compréhension des construits sociaux « minorité » et « majorité » en contexte national. Comment les textes officiels des programmes d’études et les multiples moyens d’enseignement proposés aux enseignants prennent-ils en compte ces questions ? Quels dispositifs et pratiques d’enseignement sont susceptibles d’aider les élèves à se concevoir comme acteurs et sujets historiques et à développer leur pouvoir d’action par et sur les savoirs, savoir-faire et savoir-être associés à la pratique de l’histoire comme discipline, voire aux autres sciences sociales ?

 

Axe 3 : Acteurs, intervenants, élèves, au prisme des identités multiples dans différents contextes nationaux

 

 

Les expériences des acteurs impliqués dans l’enseignement-apprentissage de l’histoire et des autres sciences sociales s’inscrivent bien souvent dans une relation sensible entre minorité et majorité. Le rapport entre les enseignants et les élèves exige alors une négociation des appartenances multiples au regard des savoirs enseignés, tant pour les uns que pour les autres. Cette situation ouvre sur différentes pistes de questionnement à explorer : Comment les appartenances multiples s’invitent-elles dans l’enseignement de l’histoire et des autres sciences sociales ? Comment les acteurs négocient-ils leur rapport à un savoir qui invoque une relation sensible entre minorité et majorité ?

 

           

Références

Anderson, B. (1991). Imagined Communities. Reflections on the Origin and Spread of Nationalism. Londres, Angleterre : Verso.

Bouvier, F., Allard, M., Aubin, P. et Larouche, M.-C. (dir.) (2012). L’histoire nationale à l’école québécoise, regards sur deux siècles d’enseignement, Québec : Septentrion.

Delâge, D. (1991). Le pays renversé : Amérindiens et Européens en Amérique du Nord-Est, 1600-1664. Montréal : Boréal.

Helly, D. (2002). Minorités ethniques et nationales : les débats sur le pluralisme culturel. L’Année sociologique, 2002/1 (Vol. 52), p. 147-181.

Jolicoeur, P. et Campana, A. (2009). Introduction : « Conflits gelés » de l’ex-URSS : Débats théoriques et politiques. Études internationales, 40(4), 501–521.

McAndrew, M. (2010). Les majorités fragiles et l’éducation. Québec : Presses de l’Université de Montréal.

Lieu

Université du Québec à Trois-Rivières, Québec, Canada

Durée du colloque

2020-10-15 au 2020-10-17

Date limite d'appel à contributions

2019-11-15

Lien

http://didactica-ciencias-sociales.org/7e-congres-airdhss-irahsse/
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