Centre de recherche interuniversitaire sur la formation et la profession enseignante (CRIFPE)

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Publication

EVASCOL (2018). Rapport de recherche EVASCOL : Étude sur la scolarisation des élèves allophones nouvellement arrivés (EANA) et des enfants issus de familles itinérantes et de voyageurs (EFIV). Paris, France : Défenseur des droits.

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Rapports

Résumé

Fin 2014, le Défenseur des droits publie un appel d’offres de recherche relatif à « l’évaluation de la scolarisation des élèves allophones nouvellement arrivés en France (EANA) et des enfants issus de familles itinérantes et de voyageurs (EFIV) ». La réponse de notre équipe pluridisciplinaire, portant au départ sur cinq académies, est retenue parmi une quinzaine de propositions, ce qui montre l’intérêt (relatif) de la société civile sur ce sujet d’actualité. Pourtant, nous présentons bien ici le premier et le seul travail universitaire commandité sur la question, qui ait été conjointement réalisé sur plusieurs sites. Ce désintérêt scientifique semble à première vue étonnant dans un vieux pays d’immigration traversé et construit par des circulations anciennes. Sans doute ce paradoxe n’est-il pas étranger aux effets contemporains du processus d’unification nationale ayant conduit les historiographies officielles à occulter les réalités anciennes du « principe de circulation européen ». Dans le même temps, et comme Claire Schiff l’avait écrit quinze ans plus tôt, nous pouvons nous étonner « que depuis leur mise en place dans les années 1970, les classes d’accueil n’aient jamais fait l’objet d’une évaluation nationale, ni en termes de contenu et de pratiques pédagogiques, ni en termes d’analyse des orientations des élèves à la sortie ». Et de constater, avec les chercheurs : « Malgré la richesse et la diversité des initiatives en la matière, l’absence de suivi et d’évaluation ne permet pas toujours de se situer sur le plan de l’efficacité pédagogique » . On retrouve ces constats au niveau européen : « Il serait évidemment fort intéressant de déterminer la mesure dans laquelle les différents programmes de soutien linguistique contribuent aux acquis relatifs des élèves issus de l’immigration. Les informations dont on dispose ne le permettent pas ». Les suivis de cohorte amènent des éléments de réponse, comme le propose le rapport annuel de l’Inspection générale de l’Éducation nationale (IGEN) de 20098 : « Pour vérifier si, au terme d’une certaine durée, un élève, qui fait partie d’une cohorte d’ENAF, a un parcours scolaire normal, comparable au cursus des élèves de langue française maternelle, il convient de mettre en place un suivi de cohorte. C’est ce que la Cour des comptes conseillait dans un rapport de 2004 ». Ce que réitère le Haut Conseil à l’intégration dans son dernier rapport sur « Les défis de l’intégration à l’école ». S’il existe quelques suivis d’EANA, les études sont plus nombreuses concernant, de façon large, les élèves enfants de migrants, nés ou non en France. L’enquête PISA (Program for International Student Assessment), conduite par vagues successives depuis 2003, apporte toutefois quelques données mais celles-ci portent sur une population d’élèves immigrés, c’est-à-dire bien plus large que la seule population d’élèves désignés comme allophones nouvellement arrivés. Suite à sa passation, une analyse a été menée, à travers 17 pays, sur le niveau des enfants de migrants et des primoarrivants. Les résultats scolaires des jeunes issus de l’immigration sont inférieurs à ceux des autochtones, avec des écarts plus ou moins marqués selon les pays (en France, l’écart est relativement important) en défaveur des élèves allochtones. Les dernières vagues partielles des enquêtes PISA en 2013, dont les résultats ciblés ont notamment été publiés en 2015, confirment cette dynamique défavorable, notamment du fait de la concentration des élèves migrants dans des zones défavorisées économiquement. Cette dimension économique joue plus fortement sur les performances scolaires que le fait, par exemple, de parler en famille une autre langue que celle parlée à l’école. La concentration dans certains établissements d’un nombre important d’élèves immigrés est aussi un facteur dégradant les performances scolaires. Le système éducatif doit alors gérer un savant arbitrage entre la nécessité d’offrir l’enseignement linguistique de la langue du pays d’immigration, primordiale pour la réussite des immigrés et le respect de la conservation de la langue d’origine pour les élèves qui le souhaitent.

Lien

https://www.defenseurdesdroits.fr/sites/default/files/atoms/files/rapport_evascol_juin_2018.pdf
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