Centre de recherche interuniversitaire sur la formation et la profession enseignante (CRIFPE)

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Publication

Chayer, M.-H. (2018). Les trajectoires développementales du sentiment d'imposture, ses antécédents familiaux et ses retombées dans l'adaptation psycho-scolaire d'élèves du secondaire. Thèse de doctorat inédite, UQÀM, Montréal, Québec.

Catégorie

Mémoires et thèses

Résumé

Ce projet de recherche en psychologie du développement s'intéresse au sentiment d'imposture chez les élèves du secondaire. Les études sur ce phénomène ont majoritairement été conduites chez des adultes et montrent qu'à cette période de la vie, les coûts psychologiques lui étant associés sont nombreux : faible estime de soi, faible perception de compétence, sentiment de non contrôle, honte, culpabilité, anxiété, perfectionnisme négatif, symptômes dépressifs et comportements d'auto-sabotage. Bien que plusieurs aient avancé l'idée que l'émergence de ce sentiment soit antérieure à l'âge adulte, aucune étude empirique ne l'a encore examinée de sorte que son développement, sa présence et ses répercussions dans la vie des plus jeunes restent mal connus. Le fait que cette thèse utilise un devis longitudinal pour observer le développement du sentiment d'imposture chez des adolescents permet de pallier ce manque d'information et lui confère un côté novateur indéniable. L'objectif général de cette thèse était de dégager les trajectoires développementales du sentiment d'imposture sur une période de cinq ayant débuté alors que les élèves étaient en 1ère année du secondaire. Cet objectif était fonctionnel à ceux des deux études réalisées constituant chacune un article. La première étude s'est intéressée aux caractéristiques relationnelles de la dynamique familiale liées à l'appartenance aux trajectoires développementales du sentiment d'imposture. La deuxième a examiné les conséquences potentielles de la présence de ce sentiment dans la vie des jeunes. Les données de cette thèse ont été recueillies par questionnaires dans le cadre d'une étude plus vaste portant sur les perceptions de compétence chez des élèves provenant de 23 écoles secondaires mixtes francophones de la région nord-est de l'Ile de Montréal (Québec, Canada). Conformément à l'objectif général de la thèse, la première étude a examiné le sentiment d'imposture de 671 élèves (315 garçons) à chacune des cinq années du secondaire. Les analyses de trajectoires ont identifié quatre patrons de développement du sentiment d'imposture : très faible décroissant, faible décroissant, modéré stable et élevé stable. Le deuxième objectif de cette étude était d'examiner si la surprotection parentale et le soutien conditionnel parental mesurés au premier temps de l'étude étaient liés à l'appartenance des élèves aux différentes trajectoires observées. Les résultats ont indiqué que la perception d'être surprotégés par ses parents et celle de percevoir que leur soutien est conditionnel au fait d'obtenir de bons résultats augmentaient la probabilité des jeunes d'appartenir aux deux trajectoires où le sentiment d'imposture est plus important et stable dans le temps. La deuxième étude avait aussi pour premier objectif d'examiner le sentiment d'imposture de façon longitudinale, mais sur une période de quatre ans, soit du secondaire 1 à 4. Le second était d'examiner, de manière prospective, les liens entre l'appartenance aux différentes trajectoires et certaines variables d'adaptation psycho-scolaire mesurées un an plus tard, en en secondaire 5. Les analyses de trajectoires ont identifié trois patrons de développement du sentiment d'imposture chez les 658 élèves (312 garçons) participants : faible décroissant, modéré stable et élevé stable. Comparativement à leurs pairs appartenant à la trajectoire où le sentiment d'imposture est faible au départ et décroît un peu plus chaque année, les élèves présentant un sentiment d'imposture plus important et stable sur quatre ans rapportaient plus de symptômes dépressifs, de problèmes extériorisés, le sentiment plus élevé d'être aliénés à l'école et plus d'intention de limiter volontairement leur devenir scolaire afin d'éviter que leur manque de compétence soit démasqué. La discussion de cette thèse propose une intégration des résultats des deux études réalisées. Dans un premier temps, un retour est fait sur les patrons de développement du sentiment d'imposture chez les élèves du secondaire, sur les caractéristiques de la relation parent-enfant et sur l'adaptation psycho-scolaire distinguant ceux ayant un sentiment d'imposture chronique de ceux chez qui il est transitoire. Dans un deuxième temps, la discussion aborde l'intérêt de mesurer le sentiment d'imposture de manière continue, selon un devis longitudinal et dès l'enfance pour mieux en comprendre l'étiologie et parvenir à aider ceux chez qui il est plus important et vraisemblablement imperméable à l'expérience. Dans un troisième temps, des pistes d'intervention pouvant déjà être dégagées en regard des résultats des deux études de la thèse sont exposées. Enfin, la discussion présente les limites et les forces de la thèse tout en proposant des avenues de recherche futures.  

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